Imprégnée de la philosophie zen, la cérémonie du thé japonaise est bien plus qu’une simple dégustation. Guidée par le principe que chaque événement est unique et donc un trésor, les convives sont amenés à apprécier chaque instant et chaque détail. Cette cérémonie célèbre ainsi la beauté de la nature, de la simplicité et le respect entre les convives.

A l’origine, un mythe

La légende raconte qu’à l’origine le thé fut découvert par le moine bouddhiste Bodhidharma, fondateur du bouddhisme zen. Vaincu par la fatigue, alors qu’il recherchait le nirvana en se privant de nourriture et de sommeil, il se coupa à son réveil les paupières pour ne plus fermer les yeux et les jeta à terre.

C’est à cet endroit qu’un arbuste poussa et Bodhidharma découvrit que ses feuilles avaient le pouvoir de le tenir éveillé pour poursuivre sa méditation. Il décida donc de faire don de ce thé à tous les hommes.

Un art de vivre codifié

Cette légende met en évidence le lien étroit qui existe entre le bouddhisme zen et le thé. Ce qui explique pourquoi la cérémonie du thé ou chanoyu doit répondre à quatre grands principes inspirés du bouddhisme zen :

Wa ou l’harmonie. Harmonie des éléments, harmonie dans la relation entre l’hôte et l’invité, chacun recevant autant qu’il donne pour un partage équitable.

– Kei ou le respect. Pour être digne de respect, chacun a le devoir durant la cérémonie du thé de traiter les autres mais aussi les objets qui l’entourent avec le plus grand respect.

Sei ou la pureté. Pour apprécier la cérémonie du thé mais aussi ce qui nous entoure, il est nécessaire d’avoir un coeur pur et libéré de toute prétention.

Jaku ou la tranquillité. C’est l’état de sérénité absolu qui ne pourra être atteint qu’après avoir réalisé les trois autres principes.

Se déconnecter du monde en célébrant le beau

Contempler la beauté de la nature et des choses simples est, pour les bouddhistes, un moyen de se détacher de la laideur et de la vulgarité de la vie quotidienne.

L’invité commencera donc par admirer l’allée qui le mène à la salle de thé ainsi que le jardin. Puis une fois s’être purifié la bouche et les mains, il pourra entrer dans le pavillon. Il y contemplera l’architecture intérieure et les décorations comme l’arrangement floral ou les calligraphies. La calligraphie des poèmes joue un rôle central dans la cérémonie du thé. L’œuvre accrochée dans la salle de thé, le plus souvent un mot ou une phrase d’un moine zen, sert à développer un esprit de sérénité et de paix, de pureté. Elle doit être simple et sobre.

Il est d’usage que les invités soient vêtus de leur plus beau kimono. Une fois assis sur les tatamis, le maître apporte les objets qui serviront à la préparation du thé. La cuillère à thé, la louche et le fouet en bambou; le bol, les pots à eau froide et à eau de rinçage en céramique et la bouilloire en fonte. Le maître de thé se sert également d’un carré de soie colorée pour essuyer la boite à thé et la cuillère, et d’un tissu de lin blanc pour essuyer le bol.

Pendant ce temps, les conversations doivent être réduites au minimum afin de profiter également de l’harmonie sonore créée par les murmures de la fontaine et le feu dans le foyer.

Les invités dégusteront le thé simplement, avec quelques sucreries ou profiteront de ce moment d’exception pour déguster un repas léger. Le maître de thé lui fera tout son possible pour faire plaisir à ses invités.